HISTOIRE ET PATRIMOINE

Histoire de Ploërmel

Ville trouvant son origine aux débuts du Moyen-Âge, Ploërmel possède une histoire riche.

Informations annexes au site

Du Moyen-Âge à la Révolution

Au sixième siècle, des colonies bretonnes fuyant les invasions saxonnes s'installèrent dans la région qui fut évangélisée par Saint Armel, lequel donna son nom à la cité Ploërmel ("Plou-Armel" : la paroisse d'Armel). En 1116, le puissant Henri II Plantagenêt, Roi d'Angleterre, Duc d'Aquitaine et de Normandie, se fait confier la garde de la Bretagne par le Duc Conan IV. Il en profite pour doter le Duché d'une solide administration et le divise en 8 circonscriptions, dont Ploërmel est l'une des principales.

En 1173, le Comte Eudon du Porhoët qui soutient une lutte contre Henri II Plantagenêt, s'empare de Ploërmel et construit les premières fortifications de la ville. Deux ans après, Geffroy Plantagenêt devenu duc, reprend Ploërmel pour la rattacher à nouveau au domaine ducal.

Les ducs, en particulier, ceux de la maison de Dreux, font de Ploërmel une de leurs résidences préférées. Dès lors, l'histoire de Ploërmel et celle du duché seront étroitement liées. En effet, à plusieurs reprises, la ville abrita le Parlement puis les états de Bretagne qui siégèrent pas moins de 16 fois à Ploërmel du 13e au 17e siècle.

 

La Révolution fut au début assez bien accueillie, mais la constitution civile du clergé, la vente des biens nationaux et la conscription contraire aux usages, furent à l'origine de la chouannerie, qui surtout marquée par une succession d'embuscades et d'engagements brefs. Il n'y avait pas de guillotine à Ploërmel.

Ploërmel à l'époque contemporaine

Le XIXe siècle

Lors de la réorganisation du territoire français en 1800 sous le Consulat, Ploërmel devient une sous-préfecture du Morbihan. En ce début de 19e siècle, l'arrondissement ploërmelais peine à se développer, et est le moins peuplé et le plus pauvre du département.

Au début des années 1850, le Frère Bernardin, professeur à La Mennais, commencent à construire sa fameuse horloge astronomique, avec la volonté qu'elle serve pour ses cours. Achevée après plusieurs années de travail en 1855, cette incroyable construction est aujourd'hui reconnue comme monument historique (1982).

Ploërmel est le dernier chef-lieu d'arrondissement du Morbihan à recevoir une liaison ferroviaire, avec l'arrivée du premier train à la gare de la ville en 1881. La ligne reliait la gare ploërmelaise à celle de Questembert, en desservant le Roc-Saint-André, Malestroit et Pleucadeuc, pour un trajet d'environ une heure. En 1884, en mis en service un prolongement de la ligne jusqu'à La Brohinière (Montauban-de-Bretagne), passant notamment par Loyat et Mauron, permettant d'y trouver un important nœud ferroviaire (la ligne Brest-Rennes-Paris par exemple). Grand outil de désenclavement et développement, les trains permettaient alors le transport de voyageurs et de marchandises.

 

Peu de temps après cette arrivée du train, en 1887, est entamé la construction d'un ambitieux nouvel Hôtel de Ville sur la place Saint-Nicolas (aujourd'hui "place de la Mairie"), qui est toujours en place actuellement.

Le XXe siècle

Le début du 20e siècle est assez mouvementé pour les ploërmelais. L'un des évènements les plus marquants de l'époque se déroule le 12 et 13 février 1904. L'Etat ayant fait passer une loi interdisant à toutes les congrégations religieuses de pratiquer l'enseignement, ordre est donnée à l'armée de déloger les Frères de l'Instruction Chrétienne La Mennais de Ploërmel. Dès le soir du 11 février 1904, plus de 1200 hommes débarquent à Ploërmel pour mener à bien cette mission. Les Frères étant durablement implanté dans le paysage de la ville, et assurant l'éducation de plus 400 jeunes ploërmelais, leur expulsion manu militari se déroule non sans manifestation et opposition de la part de la population.

C'est peu après ces évènements, donc dans un climat tendu, que la liste "Républicaine et Libérale" du docteur Louis Guillois remporte les élections municipales de 1904. Après cette première élection, Louis Guillois conservera le poste de maire de Ploërmel jusqu'à son décès en 1952, en passant aussi par les postes de conseiller régional, de sénateur et de député.

La Première Guerre Mondiale n'aura pas épargné la population ploërmelaise. En effet la ville perd 240 hommes dans les combats. L'Hôpital de Ploërmel est réquisitionné et réservé aux militaires sur toute la durée de la guerre, et ne reçoit à nouveau des civils qu'en 1919.

Après cela, la vie reprend normalement et la ville continue de se développer tranquillement. Même si un coup de frein est donné en 1926, lorsqu'une nouvelle loi de réorganisation territoriale supprime la sous-préfecture de Ploërmel, partageant alors l'arrondissement entre ceux de Vannes et Pontivy.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la ville connaît l'occupation allemande dès juin 1940, avec notamment l'établissement d'une caserne à La Mennais. Plusieurs ploërmelais ont participé activement à la Résistance, aidant notamment dès 1943 les alliés à récupérer les plans des défenses allemandes dans le département, et participant au maquis de Saint-Marcel vers la fin du conflit. Le 12 juin 1944, suite au débarquement des alliés en Normandie, Ploërmel est bombardée par l'aviation américaine. Alors que la gare était visée, pour empêcher l'envoi de renforts de troupes allemandes vers la Normandie, celle-ci reste intacte mais près de 500 habitations sont touchées, faisant 31 morts et 125 blessés. Cela n'empêcha pas la population de fêter la libération de la ville le 6 août 1944 au passage des troupes alliées, le lendemain du départ des allemands.

Ploërmel connaît un renouveau dès les années 1950 avec de nombreux travaux d'urbanisation. Puis la commune connaît un développement économique et démographique dans les années 1970 et 1980, qui s'est prolongé et accentué progressivement sur la fin de de 20e siècle, grâce à l'aménagement de la voie express Rennes-Lorient (RN24) notamment, jusqu'à aujourd'hui. 

Commune nouvelle

Au 1er janvier 2019, la fusion des communes de Ploërmel et Monterrein a donné naissance à la commune nouvelle de Ploërmel.